Déterminer la valeur fondamentale qui régit notre vie en étant au coeur de nos décisions et de nos agissements n’est pas chose aisée. Un moment de réflexion est nécessaire : nous sommes appelés à différencier nos valeurs de préférences de celles de références. Cette tâche nous pousse à choisir une seule valeur, celle qui est le moteur de nos actions. Pour ma part, l’effort, la compétence, l’intégrité et la responsabilisation sont des valeurs auxquelles je me rapporte beaucoup dans toutes les sphères de ma vie, que j’aie à faire des choix ou à poser des gestes. Toutefois, je crois que le sentiment d’appartenance est la valeur qui régule fondamentalement mes opérations et attitudes au quotidien. Elle sera aussi celle qui sera priorisée dans mon enseignement. J'essaierai de transmettre le sens du groupe à mes élèves en faisant de ma classe un endroit où chacun de sent bien et lié aux autres. J'aimerais grandement que ma classe soit consituée d'enfants unis et qui éprouvent de la considération pour leur camarades. Ce ne sera pas nécessairement une chose facile, mais il s'agit d'un aspect primordial à travailler à l'école, selon moi.
Ma définition personnelle de l’appartenance
Dans le but de construire ma propre définition de ce qu’est le sentiment d’appartenance, j’ai effectué plusieurs recherches. Pour chacune des définitions rencontrées, j’ai ressorti les éléments qui me semblaient essentiels et qui concordaient avec ma conception de l’appartenance. C’est ainsi que plusieurs volets m’ont semblés important à tenir en compte lors de l’élaboration de la définition de cette valeur. Il s’agit principalement de sa nature (quoi), de ses conditions (comment) et de ses conséquences (pourquoi).
En ce qui a trait à la nature de l’appartenance, je dirais qu’elle se décrirait comme étant une identification à un groupe dans lequel il y a une cohésion entre les membres, qui adhèrent à des valeurs, des normes, des habitudes, des règles de conduite, des intérêts et des objectifs communs (soit à des repères communs). Il s’agit d’un réseau relationnel dans lequel les gens sentent une attache affective qui génère un esprit d’équipe, de solidarité et de considération pour ses membres. Les conditions, pour leur part, seraient l’investissement, l’acceptation, le partage et la coopération. Notons que le sentiment d’appartenance se construit peu à peu; il ne s’agit pas d’un sentiment instantané. En ce qui concerne ses conséquences, soit les résultats et les bienfaits de cette valeur, elles se résument en la fierté, la reconnaissance, l’identification, la motivation, l’estime de soi, le bien-être et la réalisation de soi.
Bref, je définirais l’appartenance comme étant l’identification à un groupe partageant des intérêts, des convictions et des objectifs communs aux nôtres, dans le but d’en ressortir un certain confort, de la fierté et du bien-être.
L'appartenance [et son importance] dans le domaine de l'éducation
Jean Piaget, dans ses recherches portant sur le développement de l’enfant, affirme que vers l’âge de 12 ans, soit au stade des opérations formelles, le jeune ressent le besoin de construire son échelle de valeurs personnelle. C’est-à-dire qu’à ce stade, l’enfant conteste et remet en question les valeurs et normes imposées par l’adulte. Il va donc se référer aux règles et aux normes qui auront été construites de connivence avec ses pairs. Il est donc possible d’affirmer, selon ce principe, que l’enfant de 12 ans répond à un besoin d’appartenance à un groupe autre qu’à celui de sa famille, représentant l’autorité. Il pourra ainsi s’identifier à un groupe d’individus partageant des valeurs, des normes, des intérêts et des objectifs semblables aux siens (qui seront probablement ses camarades de classe!) Voila pourquoi il est important de créer un climat sain, dans la classe, qui sera favorable aux échanges respectueux et à la création de liens significatifs, qui rempliront le besoin de sentiment d'appartenance chez l'enfant.
Pour ma part, j'ai eu la chance d'évoluer dans des classes, au primaire, où le respect des autres , le sentiment de cohésion et d'appartenance ainsi que le sens du groupe étaient importants et travaillés. Je crois que c'est en partie pour cette raison que je m'y sentais bien et en confiance...
« Ce que j'aurai perdu en faisant confiance aux autres peut se calculer, mais ce que j'aurai gagné par ce même moyen est inestimable. » Gilbert Cesbron